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Utilisation pratique du Nutri-Score

Le Nutri-Score est fait pour aider les consommateurs à comparer, d’un simple coup d’œil, la qualité nutritionnelle de différents aliments dans les situations habituelles auxquelles le consommateur est confronté au moment de ses achats.

Le Nutri-Score permet donc les comparaisons de produits 1) appartenant à la même catégorie et/ou 2) qui sont identiques mais proposé par différentes marque et/ou 3) appartenant à des catégories différentes mais qui ont le même usage, et qui peuvent se substituer en termes d’utilisation ou de consommation.
Quelques illustrations sont présentées ci-dessous :

1. Nutri-Score permet de comparer les différences de qualité nutritionnelle d’aliments appartenant à la même catégorie.


Par exemple au sein de la catégorie des céréales petit déjeuner, comparer des mueslis ou des granolas versus des céréales chocolatées, versus des céréales chocolatées et fourrées… (avec des Nutri-Score allant de A à E).

Comparaison au sein de la catégorie des céréales petit déjeuner :

Au sein de la catégorie des matières grasses ajoutées, reconnaitre les différences de qualité nutritionnelle entre les huiles d’olive, de colza, de noix, de tournesol, d’arachide, de coco, de palme, les margarines ou le beurre (de B à E).

Comparaison au sein de la catégorie des matières grasses ajoutées:

Ou encore au sein des plats préparés, comparer les différences de qualité nutritionnelle des lasagnes à la viande, à celles au saumon ou au thon ou aux épinards ou aux légumes ou à de nombreux autres plats cuisinés préparés à base de pates ou d’autres ingrédients (avec des variations de qualité nutritionnelle allant de A à E). Par exemple Nutri-Score permet de reconnaître les différences de qualités nutritionnelles entre les très nombreux types de pizzas ou tartes salées (pouvant varier de B à E) :

Comparaison au sein de la catégorie des pizzas et tartes salées :

Autre exemple : au sein de la catégorie des boissons (eau nature ou aromatisée, jus de fruits, boissons à base de fruits, sodas, boissons à base de lait, boissons végétales …), pouvoir juger facilement des différences de qualités nutritionnelles. (Nutri-Score allant de A exclusivement à E en fonction de la teneur en sucre et/ou la présence d’édulcorants).

Comparaison au sein de la catégorie des boissons


Dans chacune des catégories on retrouve plusieurs classes de Nutri-Score, ce qui fournit une information utile pour les choix des consommateurs.

2. Nutri-Score permet également de comparer les différences de qualité nutritionnelle pour un même aliment proposé par des marques différentes, par exemple comparer des mueslis au chocolat d’une marque par rapport à son « équivalent » d’une autre marque portant la même dénomination.

Comparaison de différents produits dénommés Muesli au chocolat

Ou comparer des escalopes « cordon bleu » ou des cassoulets proposées par différentes marques mais avec la même appellation.
Là encore, des différences de qualité nutritionnelle pour des produits avec exactement la même appellation, et donc souvent peu évidentes, peuvent être objectivées facilement grâce au Nutri-Score.

3. Nutri-Score permet également de comparer les différences de qualité nutritionnelle d’aliments appartenant à différentes catégories mais ayant les mêmes conditions d’usage, la même utilisation ou la même finalité de consommation (et qui sont souvent localisés dans les mêmes rayons de supermarchés ou dans des rayons proches). C’est notamment le cas pour des aliments consommés habituellement au même moment, pour une même occasion de prise alimentaire ou qui sont utilisés avec la même finalité et donc qui peuvent être se trouver en compétition et se substituer au moment du choix des achats alimentaires. C’est le cas par exemple pour des aliments qui peuvent être consommés en tant qu’entrée/hors d’œuvre: le consommateur peut être amené à choisir entre des aliments appartenant à la catégorie des crudités ou d’autres qui appartiennent à celle des charcuteries ou à celle des produits salés à tartiner ou encore celle des potages/soupes…. Ou pour des aliments de différentes catégories pouvant être consommés au moment de l’apéritif : snack salés ou crudités ou tartinade ou fruits secs ou canapés.

Comparaison de différents aliments appartenant à différentes catégories pouvant être consommés au moment de l’apéritif*,**

* comme rappelé plus haut, il existe également une variabilité de qualité nutritionnelle au sein de chacune des catégories d’aliments habituellement consommé à l’apéritif: par exemple si l’on peut grâce au Nutri-Score comparer les chips aux fruits sec ou aux charcuteries, le logo permet également d’objectiver les différences de qualité nutritionnelle au sein des chips qui peut varier selon leur composition présenter de B à D (selon leur teneur en sel et en gras); ou pour les fruits secs varier de A (pour les formes natures) à E (pour les formes salées) ; et pour les tartinades cela peut varier de B à D selon les types.
** si aujourd’hui seules certaines crudités pré-emballées (notamment les tomates) affichent le Nutri-Score, il faut garder à l’esprit qu’avec son élargissement prévu en 2026 aux produits bruts, tous les fruits et légumes vendus en vrac pourront afficher le Nutri-Score.

Le même raisonnement s’applique pour comparer entre eux les aliments consommés pour le dessert: entre les catégories des fruits, celles des crèmes dessert, celles des yaourts, celles des pâtisseries ou des glaces et sorbets.

Ou encore, pour les aliments achetés pour être consommés au petit-déjeuner pour lesquelles le consommateur peut être amené à arbitrer entre pains, biscottes, céréales petits déjeuner, biscuits, viennoiseries industrielles…

Nutri-Score d’aliments appartenant à différentes catégories, consommés au petit déjeuner


Donc le Nutri-Score permet bien de comparer les qualités nutritionnelles d’aliments de différentes catégories à partir du moment que la comparaison est pertinente. C’est d’ailleurs ce que fait intuitivement le consommateur au moment de ses actes d’achats. Par exemple lorsqu’il fait ses courses, il ne se pose pas la question de savoir s’il doit choisir entre des céréales petit-déjeuner et de l’huile d’olive ou entre des sardines et un soda. Il est très peu probable que le consommateur envisage de consommer un bol d’huile d’olive pour son petit-déjeuner, ou d’assaisonner sa salade avec des céréales petit déjeuner ni d’étancher sa soif avec des sardines en boîte…

Si l’utilisation du Nutri-Score par les consommateurs se fait de façon intuitive au sein des catégories et entre catégories pour des aliments ayant le même usage, son mode de calcul , est universel, c’est-à-dire qu’il est le même pour tous les aliments. Le calcul ne se fait donc pas par catégories (avec les 3 exceptions rappelées plus haut: les boissons, les fromages et les matières grasses ajoutées/fruits à coque). Cela veut dire qu’au sein d’une catégorie de produits, il est logique qu’on ne retrouve pas toujours toutes les cinq classes de Nutri-Score. Dans certaines catégories il n’y a pas systématiquement de produits A, voire B ou de produits E, voire D. Et les analyses de distribution de l’offre alimentaire disponible en France (et dans de nombreux pays européens) ont montré que le Nutri-Score objective la variabilité de composition nutritionnelle au sein d’une même catégorie d’aliments avec le plus souvent au moins 3 classes de Nutri-Score représentés, ce qui permet de discriminer légitimement les différences de qualité nutritionnelle et ainsi apporter aux consommateurs une information utile : tendre vers les produits les mieux classés par rapport aux autres produits « équivalents » en terme d’usage. Par exemple, dans la catégorie des matières grasses ajoutées, aucune ne se retrouve classée en A. Mais celles dont la composition nutritionnelle est la plus favorable comme l’huile d’olive ou l’huile de colza (et qui font l’objet de recommandations nutritionnelle indiquant qu’elles doivent être privilégiées parmi les huiles) sont classées B (donc le meilleur score possible pour un ce type d’aliments) alors que les autres huiles sont classées de C à E et que le beurre est également classé E. Ainsi, le Nutri-Score permet très facilement de voir quelles sont celles à privilégier dans la catégorie des matières grasses ajoutées.

Il est intéressant de noter d’ailleurs que les analyses scientifiques des grandes bases de données sur la composition alimentaire mettent en évidence que la classification des aliments par le Nutri-Score est globalement cohérente avec les recommandations nutritionnelles de santé publique sur les grands groupes d’aliments : les groupes d’aliments qui sont considérés à promouvoir (par ex le fruits et légumes) sont mieux classés que ceux dont les recommandations visent à limiter la consommation (par ex les produits sucrés, gras et/ou salés). Mais comme il existe une grande variabilité de composition au sein des grands groupes d’aliments, on a accès grâce au Nutri-Score à une objectivation des différences de composition nutritionnelle au sein des groupes d’aliments qui font l’objet des recommandations nutritionnelles de santé publique. Mais il est essentiel de ne pas confondre le fait de donner une information sur la qualité nutritionnelle des aliments spécifiques et fournir des recommandations nutritionnelles.

Rappel sur la finalité du Nutri-Score

Il faut garder à l’esprit que la finalité du Nutri-Score n’est pas de classer de façon binaire et en valeur absolue les aliments en «sains» ou «malsains». Une telle finalité pour un logo nutritionnel apposé sur un aliment de marque spécifique resterait totalement discutable car la « propriété santé » d’un aliment est liée à la quantité et la fréquence avec lesquelles il est consommé, mais également à l’équilibre alimentaire global des individus (l’équilibre nutritionnel ne se faisant pas sur la consommation d’une prise d’un aliment, ni même d’ailleurs sur un repas ou sur un jour…). Ces notions complexes ne peuvent, bien sûr, être résumées par un logo nutritionnel attribué à un produit alimentaire spécifique d’une marque donnée. D’autre part, il est important de garder à l’esprit que la valeur santé des aliments ne se limite pas à leur seule composition nutritionnelle. D’autres dimensions interviennent dans leur effet potentiel sur la santé qui sont liés aux processus de transformation (notamment lorsqu’ils sont ultra-transformés), à la présence d’additifs, de résidus de pesticides, d’éventuelles substances migrantes des emballages, de composants néoformés…. Et à côté du volet santé, les aliments ont d’autres dimensions d’intérêt que ce soit sur l’environnement, le bien-être animal, la rémunération des agriculteurs,… Toutes ces dimensions sont sans aucun doute importantes mais elles ne peuvent être renseignées par un logo nutritionnel qui ne couvre que la composition nutritionnelle des aliments, ce qui est déjà beaucoup comme en témoignent les études démontrant que le seul fait de consommer des aliments bien classés en termes de composition nutritionnelle par le Nutri-Score était associé à un moindre risque de maladies chroniques. 

En fait, la finalité du Nutri-Score est de fournir aux consommateurs une information sur la composition nutritionnelle globale des aliments, exprimée en valeur relative afin qu’ils puissent très facilement comparer la qualité nutritionnelle des aliments, au moment -très bref- de leurs actes d’achat. Cette information est particulièrement importante pour leur permettre d’orienter, s’ils le souhaitent, leurs choix vers des aliments de meilleures qualité nutritionnelle plus favorable à la santé ou au moins pouvoir intégrer la dimension nutritionnelle avec les autres dimensions qui conditionnent leur acte d’achat comme l’attachement au goût ou à la marque, le prix, l’attractivité de l’emballage…
Mais bien, sûr la comparaison entre les qualités nutritionnelle des différents aliments n’a d’intérêt que si elle est pertinente, notamment si elle porte sur des aliments que le consommateur est amené à comparer dans la vraie vie, au moment de son acte d’achat ou de sa consommation.